11 décembre 2016

La dialectique du bâtard

 En cette fin d'année 2016, à quelques mois du folklore cinquième  (république), l'hanounanisme ambiant s'envole.
Les annonces - et donc leur vocabulaire - se succèdent avec une surenchère qui pourrait faire rire si nous ne parlions de nos "dirigeants" c'est-à-dire des matons dont les "journalistes" sont pour la plupart les chiens de garde. Maton au service de quelle société d'ailleurs ?



Langage

Le propos de ces quelques mots est un coup de gueule contre cette bâtardise omniprésente, en dénonçant entr'autres cette novlangue déjà bellement décrite dans 1984.
Le langage est systématiquement, volontairement utilisé pour obscurcir, réduire le champ de la pensée. Le bâtard ("b") valls se pose en révolté, un autre se déclare anti-système. Qu'advient-il alors de ceux qui le sont véritablement (révoltés, anti-système...) ? Le PAF est déjà envahi, préempté par cette OPA agressive sur nos mots, nos concepts, notre force de réflexion.
Si vous arrivez en disant "je suis révolté", le b valls rétorquera "ça tombe bien... Moi aussi !".
Notez en guise de contre-poison qu'un usage de la République est de nommer "Ministre" un individu qui l'a été et ne l'est plus. ce b est donc éternellement un ministre de la république en terme de vocabulaire. un ministre révolté... :)

Et que dire de cet autre b : macron ? Anti-système ???

Du langage à la dialectique

Ce langage volontairement en rupture, renversant, est le matériau d'une dialectique spécifique. Il n'y a pas d'alternative au système actuel (communisme ? HaHaHa !).
Le problème est donc que nous ne sommes pas suffisamment en accord avec ce système :
  • L'entreprenariat c'est chouette (comme si nous avions tous la fibre entrepreneur)
  • Les lois sociales c'est has been (il suffit de jeter un œil sur les pays moins-disants tels que le Royaume-Uni ou l'Allemagne pour voir ce que donne moins de protection)
  • Ce qui est important : les compétences ! (voir la réforme incroyablement violente, régressive, inhumaine, du collège, pourquoi ne pas mesurer directement l'employabilité des gamins : maîtrise d'excel, capacité à respecter un process...). Où sont nos "humanités" ?
Le résultat est donc un enfumage sidérant.  Et ce qui est appelé communément "montée du populisme". Encore une belle récupération de la bâtardise ambiante qui confond volontairement populaire et populiste.

La cause racine

Mais il serait trop facile de dénoncer uniquement cette ploutocratie. Après tout, en dernière analyse le peuple est réellement souverain. C'est le syndrome Levallois-Perret. Je fais la supposition, pour ne pas devenir fou (ou finir en prison après avoir décapité tel ou tel ex ministre...) que notre niveau d'éthique collectif n'est pas encore à la hauteur. Pour le dire autrement, un peuple a inéluctablement les dirigeants qu'il mérite. Point.
Bien entendu, l'asservissement actuel (regardez simplement qui détient les médias...) n'aide pas. Sauf que, Dieu merci !, il existe tout de même de quoi se forger une opinion (Internet...).  Se forger sa propre opinion ! C'est tout de même la base d'une démocratie me semble--t-il. Et pourtant cela sonne si bizarrement.

Plan d'action

Voici quelques pistes. Un piège serait celui du "ça ne sert à rien" ! Comme le disait Kent Beck à propos de l'Extreme Programming : il y a toujours quelque chose à améliorer, c'est maintenant et cela commence par moi.
La première étape étant la prise de conscience.
  •  Arrêter de regarder la télé. Oui, je sais, il y a aussi de belles choses, récemment je regardais par exemple Fanny et Alexandre de  Bergman. What else ?
  • Sinon, considérer les médias non pas comme on l'aimerait mais comme des outils de propagande. Avec deux niveaux, le premier dit "à sec" est celui de "propagande canal 15" (aka bfm tv). Là c'est tellement gros (si si) que cela en devient risible. Puis celui plus subtil (quoique...) de "propagande canal 5" par exemple dans "c'est dans l'air". Un must see de propagande avec vaseline. Il ne s'agit plus de b journalistes "populaires" mais plutôt de b experts. On ne rigole plus. Sauf que c'est toujours la même soupe propagandesque qui est servie. Et toujours les mêmes experts hyper politiquement corrects.
  • Pourquoi b pour bâtard ? Si une cause du problème est la préemption du langage il est important de (re)nommer correctement les choses. Comment nommer un individu qui "mange à tous les râteliers" ? Un individu qui prétend servir une cause, une mission - représentant du peuple, ce n'est pas rien quand même ! - et qui sert en fait d'autres intérêts (je vous renvoie vers les quelques bribes connus sur l'association de malfaiteurs appelée bilderberg par exemple ou le célébre "mon ennemi c'est la finance").
    Que dire ce des chiens de garde qui ne posent pas de questions politiquement incorrectes sur les traités de libre-échange, que dire du secret qui les entoure ? Ou bien sur ce qu'il est convenu d'appeler "le grand remplacement" ?
    Ce sont donc des bâtards. Vous voyez que mieux nommer les choses aide à comprendre. Et cela permet de comprendre la montée non pas du populisme mais du nombre grandissant de ceux qui en ont marre de cette bâtardise ambiante.
  • Le terme "b" renvoie vers un autre ouvrage prémonitoire : le meilleur des mondes où la société est constituée de castes.
  • Dans cet ordre d'idée vous pouvez élire (oui vous !) votre "bâtard de la semaine". 
  • Créez votre propre imagerie pour représenter la réalité. Créez des contre-poisons à cette magie noire qu'est devenu le langage des politiques et journalistes.
  • En résumé, le maître (financier), le maton (politique), le chien de garde (journaliste). En modélisation le meilleur des mondes cela donne les a, b et/ou c puis probablement nous les d (classe plus ou moins moyenne) et de plus en plus d'epsilons (SDF...).
  • Mais attention, le fait est que nous en sommes là de notre évolution (nous, humanité). 
  • Amusez-vous à détecter les analogies entre notre monde et 1984 ou le meilleur des mondes.  Par exemple le côté si tu baises pas avec un-e inconnu-e c'est que t'es réactionnaire (voir la campagne de pub contre le sida ou bien le film "partouze dans le frigo" juste interdit aux moins de 12 ans.. Ou bien l'histoire du plug anal summum du modernisme parisien place Vendôme). C'est là que vous me traitez de réactionnaire :). Jusqu'où va aller notre renversement de valeurs où dans nos collèges ce sont les bons élèves qui sont discriminés par exemple. 
  • Exemple de bâtardise : la campagne de pub contre le sida. Certains l'ont refusé. La b ministre de la santé (?) s'insurge et les traite de réactionnaires au prétexte qu'ils n'acceptent pas une photo somme toute anodine de deux mecs qui se regardent tendrement. Misère intellectuelle... En fait c'est le message sous-jacent qui peut choquer :  se faire sodomiser par un inconnu c'est cool, tout autant que d'envisager une relation plus sérieuse.
    C'est donc volontairement que cette b utilise un faux prétexte pour discréditer les opposants.
    Mais casser les derniers remparts de solidarité (après les religions et les syndicats) ie le couple, la famille, fait partie des objectifs des bâtards. Un individu est largement plus corvéable qu'un groupe solidaire. Donc vive l'entreprenariat (individuel) ! Novlangue quand tu nous tiens !
  • Autre exemple : le traitement de l'immigration qui évite systématiquement la question d'une part de la volonté d'intégration du moins de respect des règles, d'autre part la question lancinante pour ceux qui y sont confrontés du racisme anti-blanc (anti-gaulois pour le dire autrement). Nier ces réalités c'est se faire le porte-voix de ceux qui en parlent. C'est aussi mépriser les immigrés qui, eux, jouent le jeu de la laïcité, du droit des femmes et animaux.
  • Ne m'accusez pas d'amalgame, de préjugés. Oui, il existe des politiques dignes, des journalistes qui font vraiment leur boulot. Une caractéristique est qu'ils sont inaudibles. CQFD.
  • Donc,au final, l'important est d'être heureux, d'aimer, de le dire à ceux-celles que vous aimez. Et de faire de son mieux pour au moins ne pas être dupe.



 

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