25 août 2016

J'ai du dormir debout

Oui, j"ai du dormir debout*...

Ça c'était avant

Je suis né dans un petit village du Haut-Languedoc. Les cris des cochons égorgés sans étourdissement envahissaient parfois les rues. Avez-vous déjà entendu les cris de détresse d'un cochon ? Cela ne m'empêchait pas d'adorer la bougnette.

L'Algérie devenait indépendante après une vaine guerre civile qui créait des rancœurs délétères et durables.

Je me souviens d'une visite à la Cité de Carcassonne. Une reconstitution historique de métiers quasi disparus (comme fabricant de cotes de mailles par exemple).


Les femmes étaient voilées dans ces scénettes. C'était le Moyen-Age en Occitanie (comme ailleurs j'imagine en France). La différence occitane est dans le génocide des Cathares perpétré par les Français sur demande de la papauté. La religion catholique en profite pour inventer à Toulouse l'une de ses pires saloperies : l'Inquisition. C'était au XIIIème siècle.

Ah oui, depuis tout petit je me baigne en burn'kini car je suis un garçon.

Dans mon village, le curé et l'instituteur étaient encore des "figures" de cette communauté. Un peu comme dans les films Don Camillo vous voyez (là c'est un curé réac et un maire communiste).

Le communisme représentait sinon un avenir enviable du moins une alternative  au "America über Alles". Et quand même un poil à gratter qui faisait que la pensée unique... Ne l'était pas.

1968 : le mois de Mai et son célèbre il est interdit d'interdire qui allait  embrumer le discernement de générations de Français.

Et ce fut la parenthèse enchantée entre pilule, droit à l'avortement et... sida.
Le regroupement familial en 1976.

1981 : un gouvernement de gauche (pour 2 ans). Abolition de la peine de mort, radios libres... Cela dit la légalisation  de la pilule en 1967 et le droit à un avortement sécurisé en 1974 sont des avancées sociales d'un gouvernement de droite.

Sur les plages, le monokini.



La société s'affranchissait des diktats religieux de l'église catholique apostolique romaine. Le poisson du vendredi, Carême... devenaient des souvenirs d'un temps désormais révolu.
Les religions passaient sur l'étagère "Croyances et autres mythes". L'Histoire contextualisait ces organisations humaines et, sans remettre en cause l'existence de "prophètes", rappelait que les textes sacrés tels que la Bible s'inscrivent dans un espace-temps qui n'est plus le notre. Bref, la religion ne faisait plus la "une" des journaux.
Et les cochons étaient étourdis dans les abattoirs.

Pendant ce temps, la caste politique assurait sa survie grâce à un clientélisme anti-républicain, anti-laïque.

Et maintenant...

Réveil en 2016. État d'urgence. Attentats.
Terrorisme ? Je lisais cet été un article de Telerama (dont j'ai oublié l'auteur) qui proposait une autre lecture de ces événements. Il s'agit plutôt de gestes génocidaires. Nous sommes aux Islamistes ce qu'étaient les Cathares aux Inquisiteurs du XIIIème siècle (ou les Homosexuels aux Nazis plus récemment) : des "choses" à éliminer. Cet extrémisme (difficile d'aller plus loin que l'élimination physique) est la partie visible d'un iceberg. Une culture archaïque utilisée par certains pour "rogner" peu à peu  l'espace de liberté publique. Archaïque car elle représente une régression sociale. Ne confondons pas refus du changement et refus de régression...
Et je ne dis pas que tous les partisans de cette culture sont dans ce cas. Dommage simplement qu'il y ait une omerta sur le sujet.

Attention, je critique un système politique théocratique, pas une religion.

Certains font, me semble-t-il, une confusion entre islamophobie et défense de nos acquis sociétaux. Cette confusion est généralement accompagnée d'un racisme subtil qui consiste à exempter une personne de toute responsabilité : les problèmes que rencontre telle ou telle communauté sont dus à notre histoire coloniale, aux racistes français, aux conditions économiques... Comme si un individu, quelle que soit son origine n'était pas responsable de ses actes. Bref, sortir l'argument de l'islamophobie à tort et à travers est un manque de respect de ceux que l'on est sensé soutenir. La moindre des choses est de laisser les gens responsables de leurs actes, ce qui n'empêche pas d'entendre des explications qui ne sont pas pour autant des excuses. Être crispé à ce point sur l'islamophobie c'est être franco-ignorant. Autrement dit il ne s'agit pas d'allergie à une religion, il s'agit de refuser une culture que certains font expansionniste et qui constitue une régression. C'est aussi simple.

Tout cela pourrait être anecdotique. Le "burka-maillot" (burkini est un terme qui me semble un peu trop léger pour ce type de vêtement féodal) par exemple. Je repense à cet article : The Most Intolerant Wins: The Dictatorship of the Small Minority.
  • Pourquoi ce burka-maillot apparait-il aujourd'hui
  • Où étaient, l'été dernier, les individus qui le portent aujourd'hui ?
  • Les individus qui portent ce vêtement ont-ils conscience d'être  des activistes politiques, au service d'une vision du monde rétrograde, archaïque par rapport à la société française ?
  • Comment s'inscrivent ces activités politiques dans une France qui a voté le "mariage pour tous" il y a peu ?
  • N'existe-t-il pas une loi qui interdit tout signe religieux ostentatoire (pour ceux qui croient encore que c'est une question de religion) ?
  • L'Islam est-il capable d'un aggiornamento ? C'est urgent...
Vous allez me dire "Thierry tu exagères !". Oui j'ai parfois tendance à exagérer si j'en crois des proches qui m'aiment. Pourtant...
Un exemple : voici le pataquès dans lequel nous sommes sur la viande de porc.Bon courage au maire de Perpi...

L'un de mes professeurs d'Histoire nous avait donné une explication sonore des années 30, prémisses de la WWII. Pendant que les bruits d'usines d'armement assourdissaient l'Allemagne les Français chantaient "tout va très bien Madame la Marquise". Le début de notre déclin ?

Je crois qu'aujourd'hui la France se réveille et découvre - malgré le silence remarquable des Démographes et autres Féministes - que... Non, tout ne va pas très bien Madame la Marquise.

La dictature (nous y allons en pente douce) est-elle la seule réponse ?

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27 août : la couverture de "La dépèche" :
Conseil d'état : il est interdit d'interdire

J'aurais presqu'envie d'en rire.

10 octobre : je découvre cet article
Quand l'INSEE valide le grand remplacement
 Je comprends mieux le silence assourdissant des Démographes en France. Sur le fond, après tout, les immigrations, le changement permanent... That's life. Ce qui est terrible ici, c'est l'énorme risque de régression sociétale.

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* "Dormir debout" est le titre d'une chanson de Francis Cabrel en hommage à Daniel Balavoine.


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